« Le vrai problème est budgétaire »

« Le vrai problème est budgétaire »

Publié le 14/12/2017

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Entretien. Pour Jean-Paul Denanot, le projet présenté par la Commission reviendrait à renationaliser la Pac. Plus qu’une orientation politique, il y voit une fuite en avant face à la réduction du budget de l’Europe.

• Quelle est votre interprétation de le communication de la Commission européenne sur la Pac ?

Jean-Paul Denanot : C’est une tentative de renationalisation de la Pac. Phil Hogan s’en est défendu quand il est venu devant la commission agricole (NDLR du Parlement européen). Mais j’ai traduit sa proposition comme celle d’un PDR (Plan de développement rural) élargi. Ce seraient les États voire les régions, il ne l’a pas explicité, qui mèneraient à bien ces plans. Ce seraient des objectifs européens avec une traduction nationale. On peut considérer que ça part d’une bonne idée parce que les agricultures nationales sont différentes les unes des autres mais, au final, chaque État déciderait des mesures qu’il choisirait et ce serait la mort de la politique agricole commune.

L’idée de simplification, on est d’accord. Mais simplifier pour rendre aux États, ce n’est pas la bonne formule. C’est la seule politique européenne véritablement intégrée et il serait dommage que cette politique commune devienne une addition des politiques des États. C’est une tendance aujourd’hui de faire en sorte que l’Europe soit une addition d’États parce que chacun d’eux veut exiter devant son opinion publique mais on ne construit pas comme ça une Europe solidaire et citoyenne.

Les politiques de cohésion (programmes Feder et FSE) sont déjà menacées par le cofinancement entre l’Europe et les États. Sur le Feader, il y a déjà des confinancements et l’idée de Phil Hogan c’est de transformer le premier pilier à l’image du second.

• Certains considèrent que la Commission se débarrasserait ainsi du mécontentement autour de la Pac en le laissant gérer par les États.

J.-P. D. : Il y a sûrement ce type d’arrière-pensée mais le vrai problème, que Hogan n’a pas voulu aborder malgré toutes les questions qui lui ont été posées à ce sujet, c’est le problème budgétaire. S’il fait des propositions de cofinancement, c’est parce qu’il va avoir du mal à défendre le budget de la Pac et il le sait bien. Chaque année, le budget européen se réduit omme peau de chagrin, c’est pourquoi, pour la première fois, j’ai décidé de voter contre. Je trouve qu’on se moque du monde. On a réussi à sauver cette année les financements de la Pac mais ça ne va pas durer. Elle est toujours soumise aux pressions et un jour ses finacements seront réduits assez sensiblement.

La question budgétaire se pose globalement, pas seulement pour la Pac. Aujourd’hui on est à 1 % (NDLR de la richesse produite par les États membres) alors que les traités prévoient 1,24 %. Si on n’arrive pas à aller vers ce plafond, les politiques européennes seront inutiles parce qu’il n’y aura pas de budget derrière. On annonce des sommes faramineuses pour la politique de défense, il faudra bien les prendre quelque part. Je crains que la Pac soit sacrifiée sur l’autel de la défense.

• Pour vous, ce n’est pas une conséquence du Brexit ?

J.-P. D. : Le Brexit a bon dos. Je sais bien que le Royaume-Uni est contributeur net mais la différence entre ce qu’il donne et ce qu’il reprend est de 4 milliards. Sur un budget de 150 milliards par an. C’est quand même marginal.

• Cette renationalisation ne correspond-elle pas à une demande du président de la République ?

J.-P. D. : Il y a sans doute de ça mais avec l’exemple du glyphosate, on voit l’absurdité du système. Je suis pour qu’assez rapidement l’utilisation des intrants soit réduite mais ça ne peut pas être fait État par État sinon la distorsion de concurrence devient insupportable. Sur ces questions-là, il faut une position commune. Si on n’est pas capables d’avoir des directives très claires sur les questions environnementales, climatiques, de concurrence... là, c’est vraiment la fin de la politique agricole commune.

• Que va-t-il se passer maintenant ?

J-P. D. : Le Parlement européen va travailler sur ces question et rendra son rapport d’initiative avant juin 2018. Il va d’abord falloir clarifier parce que Phil Hogan a beaucoup louvoyé. Il est prisonnier du budget. S’il fait cela, c’est aussi pour mobiliser sur les questions budgétaires. Il faut maintenant que les gens réagissent en demandant non seulement un maintien du budget de la Pac mais une augmentation.

PROPOS RECUEILLIS PAR ESTELLE DUESO

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